Comme je lai expliqué dans un précédent article, lannée 2005 et le début de 2006 ont été difficiles pour moi. Je suis ruiné, mes créanciers me harcèlent au téléphone pour me demander quand je vais les payer ou les clients me demandent avec insistance, quand je vais finir les clôtures et les espaces verts, que je leur dois, parce que cest dans le contrat et quils en ont le droit et tout et tout. Certains sont agressifs, dautres compréhensif et enfin jai le modèle carrément odieux, me menaçant de toute chose, de procès, le plus généralement. AH oui javais oublié le pire des modèles, celui qui me dit, moi vous savez, je peux attendre, mais je suis en contact avec les autres qui sont moins compréhensifs que moi et vous allez voir ils sont en train de se réunir et alors quand ils vont vous tomber dessus je naimerais pas être à votre place parce que ça va faire mal. Celui-là est en général le pire des enfoirés que je retrouve à la tête du fameux petit groupe de détracteur qui individuellement naurait jamais eu lidée de tenter de me lyncher au premier arbre qui passe.
A tous ces gens je répond la même chose, cest que je suis bien conscient de mes responsabilités et de mes engagements. Que je ne céderais pas sous leur pression, parce que je ne retiens rien, si je ne fais pas, cest parce que je ne peux pas et que tous les procès du monde ne ferons quaggraver ma situation et donc la leur, mais que si ça les amuse et quils ont de largent à perdre quils ne récupèreront jamais, parce que je nai rien, donc on ne peut rien me prendre quil y aille. Je dis aussi que par contre sils veulent bien faire preuve de patience, je leur prouverais que je suis quelquun de parole et que je tiendrais mes engagements. Sur ce ayant sauvé ma tête, je me retire prudemment sur mon vélo, ne sortant plus la Lotus qui pourrait agacer.
Jai précédemment expliqué, létat de mes affaires passées, certains parmi les plus curieux, doivent se demander comment je compte me sortir de ce mauvais pas. Il se trouve quen 2004, période où nous avions un peu dargent nous avions acheté un terrain, avec un permis de construire permettant de réaliser six logements. Fin 2005, nous avons mis ces logements en vente sous le régime de défiscalisation régit par la loi de Robien ( je ferais peut être mon auto critique plus tard quand aux répercutions économiques de ce système qui permet au riches dêtre plus riches et aux pauvres de le rester un peu plus). Fort de notre possession, je suis allé trouver le crédit mutuel afin dobtenir un petit crédit, afin de pouvoir démarrer la construction de notre immeuble avant de percevoir les premiers fonds des clients. Petit historique qui me parait important :
Lorsque jai ouvert mes comptes professionnels au crédit mutuel, jai tout dabord eu un entretien avec le directeur de lagence, mexpliquant quil consentait à ouvrir ces comptes, mais que le crédit mutuel plus quune banque de dépôt était une banque partenaire qui souhaitait soutenir ses clients dans ses projets. Quelle coïncidence, vraiment tout ce que jattendais dune banque !
Donc le moment venu au mois doctobre, je vais trouver le crédit mutuel, demander un crédit de 80 000 sur un terrain qui en vaut 135 (mille ). Cela me paraissait sans problème, je my prenais à lavance, avant que la disette se face sentir, et je démarrais lannée sur une construction neuve, sans avoir trop souffert. Cétait compter sans deux facteurs imprévus, un con de fournisseur qui dépose un chèque de garantie avant la date prévue, et donc avant que jai les fonds (35 000 tout de même). Je me suis retrouvé, cest amusant le premier janvier, et ce nest pas une blague, avec un découvert de 35 000, bonne année, et surtout bonne santé, parce que la santé cest important !!!
La réaction de la banque sest faite en deux temps. Premier temps, ne vous inquiétez pas M. Durrieu on vous soutiens à 100%, nous couvrons le découvert le temps que vous rentriez les fonds, ça ne remet pas votre crédit en cause, nous ne rejetterons pas votre chèque ne vous inquiétez pas. La je me suis dit y sont bien ces banquiers. Trois jours plus tard le chèque était rejeté et on me faisait comprendre que pour mon crédit cétait presque tout à fait complètement fichu.
Trois semaines après à la date prévue, je paie mon chèque la banque lève mon interdit bancaire et revient à la charge pour mon crédit, me disant même, vous savez, 80 000, ça nous paraît juste, nous on va vous prêter 100 000. Puis le dossier traîne, trois quatre, cinq semaines, il manquait un papier, le décideur était en vacance, le chien de la femme de ménage avait fait une fausse couche et puis le couperet tombe, le crédit est refusé. La raison officielle, nous voulons bien travailler avec Olivier Durrieu, mais pas avec la structure quil dirige, vous sentez labsurdité de la chose. Là je pique une colère, calme et cynique, ça ne change rien mais ça fait toujours un peut de bien quand peut dire sans retenue ce quon pense à quelquun qui vous tiens le bec dans leau depuis trois mois. Partenaires, tu parles et moi je suis naïf, je joue le jeux, je tiens ma parole du début et je travaille sans filet de secours, putain quel con, jai même pas consulté une autre banque, alors que jai eu trois mois pour ça.
Bon allez, je remonte en selle, direction la banque Populaire, eux cest des vrai pros, il mont déjà fait un crédit, ça devrait aller. Je vais voir le directeur de mon agence, à qui jexplique laffaire, je lui dis que cest un petit crédit que peut être on nest pas obligé de passer par la direction régionale, il me répond, petit ou gros, M. Durrieu, cest un prêt immobilier et vous navez pas dautre choix. Jappelle donc M. Seguin, (qui ne gardait vraisemblablement plus de chèvres) à la direction régionale des prêts immobiliers. Un homme charmant, compréhensif et professionnel comme on en rencontre peu, qui me dit, votre emprunt cest du tout cuit, on ne va pas mettre en place un prêt immobilier qui serait trop lourd, il vaut mieux faire un simple prêt par agence. « Jappelle votre M. Paulin directeur de votre agence, je lui explique et lui dit de prendre rendez-vous avec vous ». Trois jours passent, pas dappel, je me permets dappeler M. Paulin : ah oui cest vrai, M. Seguin ma parlé de vous, prenons rendez vous. Pour gagner du temps, jarrive, avec tous les documents nécessaires, pas un ne manque et après un long exposé, M ; Paulin dubitatif, dit, il me semble quand même que cest un prêt immobilier et quil faut le passer par la direction régionale. A ce stade, souriant et à court darguments, je lui suggère dappeler M. Seguin, ce dernier par téléphone lui explique la procédure et la machine est lancée, décision sous quinze jours, lespoir renaît. Une semaine plus tard un coup de fil de Paulin : « M. Durrieu jattends toujours les contrats de réservation des clients, pour pouvoir instruire votre dossier », mais vous ne me laviez pas demandé, «mais si, mais si, sans ça je ne peux rien faire ». Mais oui connard, les contrats de réservations depuis une semaine, je me torche avec, parce que je suis un peu maso et je me tire une balle dans le pied dès que je peux. Enfin voilà une semaine perdue. Jattend encore quinze jours, puis je viens aux nouvelles auprès de Paulin : Ecoutez, M. Durrieu, si javais eu des nouvelles je vous aurait appelé dit-il dun ton sec. Bon alors en plus dêtre con il est susceptible. Encore deux semaines après, nosant pas rappeler Paulin jappelle Seguin, qui me dit, « je ne sais pas je me renseigne et je dis à Paulin de vous rappeller, je croyais que vous aviez déjà votre prêt, si jai préconisé ce systèmes, cétait pour aller plus vite ». Une semaine Paulin ne rappelle pas, je lui laisse un message à lagence, il ne rappelle pas. Je rappelle Seguin qui me dit quil a bien eu Paulin quil manquait un papier, mais quil à transmis le dossier quil devrait passer dans les trois jours. Après quatre jours sans nouvelles, je tente de joindre Seguin qui est en vacances pour une semaine, je laisse un message à Paulin qui ne rappelle pas. A son retour de vacance jappelle Seguin qui se confond en excuse, il ne comprend pas ce qui se passe, il recherche mon dossier et dit à Paulin de me rappeler pour minformer, trois jours et deux messages à lagence plus tard, Paulin ne ma toujours pas appelé. Décidément cet homme est de la race des imbéciles qui ne rappellent pas. A ce moment japprend que Paulin vient de prendre une semaine de vacances. Je rappelle Seguin qui est plus que désolé, me dit quil recherche mon dossier et quil me rappelle sans faute dans la journée, ce quil fait, sexcuse encore et me dit que mon dossier navait pas été transmis à la bonne personne quil passe en commission, ce soir ou demain matin et quun responsable de la commission me rappelle demain midi au plus tard. Midi, jappelle Seguin qui ne sais plus ou se mettre surpris que personne ne mait appelé, se renseigne, il y avait une réunion ce matin, le dossier, passe cet après midi, on vous rappelle avant 17h, 17h15, jappelle Seguin, surpris que lon ne mait toujours pas appelé, il part se renseigner, 17h45, un inconnu mappelle, M. Durrieu, votre prêt de 80 000 est accepté. PFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFF