Mercredi 3 mai 2006
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Mercredi dernier, jai rencontré un certain M.DURRIEU, Gérard Durrieu. Nous nous sommes retrouvés à Barèges, lieu ou je possède une promesse de vente sur une opération rétive de résidence de Tourisme qui refuse avec obstination depuis un an de se laisser monter. Jusqu'à Monsieur le Maire qui en toute illégalité na pas instruit le permis de construire sur ce terrain déposé par mes soins le 29 septembre 2005. Je suis donc, au-devant de la loi, en possession de ce que lon appelle un « permis de construire tacite », permis qui dans la pratique est évidemment inapplicable, pour des raisons compliquées dopposition aux tiers, dont je vous passerais les détails. Bref, trêves de digressions à la Ltitia Papion (avec beaucoup moins de talent, allez visiter son blog, ça vaut le détour : http://issylesmoules.over-blog.com/), M. Gérard Durrieu responsable développement en résidences de Tourismes au sein du groupe BOUWFONDS MARIGNAN et moi même nous sommes retrouvés à Luz Saint Sauveur au pied du col du Tourmalet, afin daller voir ce fameux terrain, dans le but, dune éventuelle association, ou encore dun rachat.
Rachat de quoi, que vaut ma signature au bas de cette promesse valable jusquen septembre prochain, ou encore mieux, je ne vois pas bien pourquoi le groupe BOUWFONDS MARIGNAN aurait envie de sassocier avec moi.
- « vous connaissez le groupe BOUWFONDS MARIGNAN M. Durrieu ? »
- « a vrai dire pas vraiment, M. Durrieu »
- « nous sommes un des groupes les plus importants dEurope, nous avons racheté Marignan immobilier il y a deux ans environ, notre siège social est aux Pays Bas, nous avons des programmes en Belgique en Allemagne, république Tchèque, Slovaquie, Espagne, Danemark Suède, Hongrie, et France évidemment. Le groupe est tellement puissant, que nous signons toutes les promesses sans condition de financement, quelle que soit la taille de lopération nous faisons tout en fonds propre.Même sil sagit de programmes de millions de mètres carrés comme, par exemple à Lyon ou nous avons eu la quasi exclusivité sur la création de logements en réhabilitation dune ancienne zone industrielle au cur de la ville avec port de plaisance en bord de résidence. Attention, je ne dis pas cela pour vous écraser, je suis franc avec vous, moi tout seul Gérard Durrieu je suis plus petit que vous, je ne suis quun modeste employé, cest simplement pour vous présenter le groupe pour lequel je travaille. Je ne sais pas vous mais moi ça me donne le vertige ? »
- « moi bouuuof
»
- « votre terrain, je dois avouer quil me fait un peu peur, jai vu des terrains beaucoup mieux aujourdhui, et puis il est en pente et la concentration de logements est grande. Je ne dis pas ça pour vous décourager, mais cette opération ,nest pas facile
Vous savez je travaille beaucoup dans les alpes, là bas les communes veulent tellement quon implante des résidence de tourisme quon peut avoir des terrains pour leuro symbolique
Votre opération est pas facile avant jétais associé avec un amis qui est promoteur, je trouve que vous avez du courage., je suis franc hein je vous dit ce que je pense
..Vous savez aujourdhui un terrain ça na pas vraiment de prix, mais dans la région, ce genre de terrain ça se négocie entre 50 et 70 le mètre carré SHON. (Surface Hors uvre Nette, ce qui veut dire le maximun de surface que lon peut construire.
A là je viens de pécher une info au vol.Javoue que Gérard Durrieu est très bavard et que sincèrement je me fous de la moitié de ce quil me raconte, heureusement que mon associé est là pour faire les hum hum. Remarque cest pratique ya rien à demander il donne toutes les infos.
Pour le néofite, linfo que je viens de pêcher veut dire que jai une promesse de vente sur un terrain pour un valeur de 115 000 et quavant même de lavoir acheté et sans avoir rien fait de concret, je peux le revendre sur la base de mon permis tacite inutilisable sur lequel il y a 4500 mètres carré SHON, entre 225 000 et 315 000. Et encore sans tenir compte que quand même il minimise le prix, pour avoir le terrain bon marché, cest quand même son métier. Cela me gêne et me trouble, jai en moi de vieux restes déducation judéo chrétienne qui me souffle que tout travail mérite salaire, que cest pas très sympa, pour la vendeuse. Ma conversion mentale faite, M. Durrieu ne sest toujours pas arrêté de parler.
-«tous les bilans dopération, pour etre validés par le groupe, doivent dégager une marge de 8% nette HT si cest plus on rajoute des prestations, si cest moins on fait pas, donc dans le cadre dune association, selon les pourcentages décidés ce sont ces huit pourcents quil y aurait à partager
.. »
Mais quel enfer, 250 Km allé, pour entendre ça ! Et encore le retour et y commence à se faire 19h suis pas rendu moi. Et il parle et il parle, moi jentend plus rien, je pense au groupe BOUWFONDS MARIGNAN, avec ses milliards de chiffres daffaire, ses milliers demployés, ses dirigeants tellement énormes quils ne savent pas ce quils font de leur argent, ses comptables, ses directeurs financiers, ses chefs de développements en création despaces de vie. Il me semble les voir chacun dentre eux pris dans une immense toile daraignée, chacun, comme M.Durrieu qui vient de se payer la dernière Mégane toute option avec 21 % de réduction, parce que son beau-frère travaille chez Renault. Je disais, chacun croyant tirer son épingle du jeu, avec leur situation stable, leur avenir assuré, leur femme leurs 1,8 enfant, leur maison et leurs crédits, je les vois totalement absorbés et digérés par un système qui les broie. Oui vraiment je les vois tous les grands et les petits de cet empire moderne.
Ça donne le vertige hein ? Bouuof ! Non ça me donne une certaine envie de vomir un dégoût profond, lenvie de partir en courant, de parler avec des gens un peu plus dans la réalité, de ne plus faire ce métier avec lequel je nai vraiment pas la moindre affinité. Si ce nest avec mon cerveau millénaire ma capacité à comprendre toute chose rapidement sans avoir à les apprendre. Mais comme le salut nest pas dans le savoir et que je ne connais que cela comme lensemble de mes congénères, jai envie de fuir le plus loin de moi dans un lieu impossible ou je ne serais pas.
Dans mon dernier article, je nai pas fini dexpliquer la suite du plan pour sortir de ma ruine, tout de suite après avoir commencé mes six logements de Grisolles, jai un permis de construire pour 15 logements à Pechbonnieu, dont la commercialisation a déjà commencé. Ensuite, je commence 40 logements à Montaigut sur Saves, puis 30 à Auterive, 50 à Gaillac et enfin mon bâton merdeux dopération de 100 logements à Barèges. Et en plus je ne suis pas mito, tout cela est bien réel, je suis un Marignan en réduction, prix dans la même toile, avec largent et le pouvoir et les emmerdes liés qui se profilent à lhorizon. Il faut le reconnaître je suis paumé,dun coté, je refuse de mintégrer au schéma social, dun autre je suis à la recherche de reconnaissance sociale, finalement, je suis un fantôme dans cette vie.
Pourtant 2006 se profile bien, il me suffit de contrôler un peu la boulimie de mon associé et mon instinct me dit que tout va bien se passer.
Le seul intérêt que jai eu à rencontrer M Durrieu outre le fait de feindre dapprendre lorigine de mon nom, cest bien dêtre persuadé, si jen avais besoin que je suis à cotés de ma plaque.
En fait je suis là par hasard, je me suis laissé porter par le vent, je nai jamais eu de passion dans la vie, je suis toujours allé vers le premier qui voulait de moi et jai toujours bien réussi dans des domaines qui me ne plaisait pas tant que ça, la comptabilité, le droit léconomie, tous les domaines de la construction.Jai une sorte de don qui me permet de voir à lintérieur des choses et den comprendre en un seul regard leur fonctionnement intrinsèque. Cela et un manque de passion général pour la vie mon amené ici. Jai beaucoup envié tous les gens que je croisais et qui depuis tout petit avait une vocation. Moi ce nest que tardivement que je me suis aperçu, que je me perdais dans des domaines qui nétais pas les miens, alors que je réussirait pas si mal tout en memmerdant inexorablement.
Mais comment faire pour redresser cette barre, comme aller sur ce chemin de léducation qui mappelle, ou sont les passerelles. Javoue que je ne sais pas.
Si tu écrivais un article sur ta vocation...?